EPOQUE PRECOLONIALE EN AFRIQUE

A l'époque précoloniale, nos leaders devraient être conquérants. Pour la survie de leurs peuples, ils devraient annexer d'autres territoires par la force. C'était l'époque des empires. Cette époque s'est terminée avec la colonisation. Sur cette page, nous invitons tous ceux qui ont des écrits sur nos braves leaders de cette époque à nous les faire parvenir. Cette initiative est d'amener les jeunes africains à se ressourcer en matière d'histoire. Nous comptons sur tout le monde mais surtout les africains. Vous pouvez nous joindre: hygienepo@hotmail.fr

Pour cette période, nous examinerons l’histoire du peuplement du Mali à l’époque préhistorique, le temps des grands empires (Ghana, Mali, Songhoï) celui des royaumes (le Khasso, le royaume bambara de Ségou, du Kaarta et la Dina...) qui ont été à l’origine de la formation du Mali et le temps des explorateurs.

A-La période préhistorique

Depuis quelques années, la riche préhistoire du Mali commence à être connue. Mais ce sont les régions sahariennes et lacustres qui ont été assez bien étudiées.

Ainsi le Paléolithique a été mis en évidence dans la station de Lagreich à environ 90 km de Gao [1], mais aussi à Farabana non loin de Bamako [2]. Le matériel lithique de Lagreich a été daté de 282 000 à plus ou moins 56 000 BP.

L’Atérien, une technique d’Afrique du Nord a aussi été retrouvée à Hassi El Abid dans le Sahara malien. Le Néolithique a aussi été mis en évidence au Mali par Nicole Petit Maire et son équipe du C.N.R.S. Cette région, il y a 10.000 ans, était humide et habitée par des hommes qui ont laissé des outils lithiques et de la céramique. De nombreux ossements humains ont été mis au jour dans des sédiments lacustres. Ils étaient assez bien conservés. La plus ancienne de ces découvertes est l’homme d’Asselar.

Il s’agit d’un squelette de sexe masculin, presque complet, qui gisait dans des sables alluviaux de la vallée du Tilemsi, renfermant des restes de crocodiles et de mollusques d’eau douce [3]. Ces restes découverts par Théodore Monod et Besnard en 1927 furent considérés comme le plus vieux squelette de type « négroïde ». Des études récentes lui ont donné l’âge de 6 400 BP environ.

Un autre squelette a été trouvé à Ibaloghem, non loin de Ménaka. Et, à Kobadi dans le Méma, de nombreux restes ont été également mis au jour. Les caractéristiques de ces squelettes, très voisines de celles du Sahara malien, ont poussé certains préhistoriens à en déduire que, fuyant l’aridité post-néolithique du Sahara, des hommes avaient migré là sous des cieux plus cléments. Des restes humains datant du néolithique ont également été découverts à Kourounkourounkalé, non loin de Siby (région de Bamako).

Au total, la présence humaine est attestée un peu partout au cours de la préhistoire : à Bamako, les grottes du point G avec leurs peintures rupestres, les ateliers de Magnambougou, les cavernes décorées de Fanfanyé Gêné (Haut Sénégal) prouvent suffisamment la richesse de la préhistoire malienne.

Les découvertes récentes d’Ounjougou sur le plateau dogon risquent de bouleverser de nombreuses données [4]. Malheureusement le sud du pays (région de Sikasso) est mal connu sur le plan archéologique, mais la région de Bougouni s’est montrée très riche en vestiges anciens non datés.


B- La période antique

Les relations entre le Bassin de la Méditerranée et le Mali, faute de recherches, sont mal connues. Mais de nombreux auteurs s’appuyant sur la présence des perles anciennes en verre ont parlé d’influence punique, voire égyptienne en Afrique occidentale.

Les pierres dites de Gao qui proviennent des tombes anciennes fouillées par les nomades du Sahara et dont l’époque est indéterminée seraient probablement d’origine méditerranéenne [5]. Elles attesteraient donc de l’ancienneté des relations entre l’Afrique du Nord et le Soudan Occidental. Dans tous les cas, certains chercheurs pensent qu’à l’époque carthaginoise (IIe siècle avant JC), les Garamantes, ancêtres des actuels Kel tamashaq dont la capitale Garama reliait la côte Libyque à Gao, terminus de l’ancienne route des chars.

Par contre à Jene (Jeno), les découvertes sensationnelles du chercheur américain MC Intoch et de son équipe ont démontré qu’il y avait là une ville au IIIe siècle avant JC.

Cette cité consommatrice de riz et de poisson avait développé un artisanat remarquable en cuivre au -IIIe siècle avant JC, et en fer au IIIe siècle. Preuve qu’elle entretenait des relations à longue distance avec d’autres régions puisqu’elle ne produisait ni cuivre, ni fer.

C- Le temps des grands empires

Sur le territoire du Mali actuel se sont succédés des empires : Ghana ou Wagadou (IIIe - XIIe siècles), Mali (XIIIe - XVe siècles), Songhaï (XVe - XVIe siècles) et des royaumes, dont ceux de Khasso, de Ségou du Kaarta et la Dina.

a-L’empire du Wagadu Ghana

Dès le VIIe siècle, les auteurs arabes ont commencé à parler d’un empire, le Ghana - pays de l’or. Des caravanes, des commerçants arabes et juifs ont atteint Ghana Wagadu. L’empire du Ghana était situé au nord des boucles divergentes des deux fleuves : Sénégal et Niger. Il est né des restes du riche néolithique des régions du Dhar, Tichit Walata en Mauritanie. Il a été fondé par les ancêtres des soninko (sing soninké). Sa capitale était Kumbi-Saleh, située au sud-est de la Mauritanie actuelle.

De nombreuses campagnes de fouilles ont permis d’exhumer des maisons à étages et une imposante mosquée. Le Wagadu Ghana a atteint son apogée du IXe au XIe siècle. Il entretenait avec le Maghreb des relations commerciales axées sur l’or, l’ivoire, les esclaves, etc.

L’empire du Ghana était reconnu comme étant « l’empire de l’or ». Tout l’or produit dans l’empire était la propriété du roi, surtout les pépites. Le trésor de ce dernier s’appuyait aussi sur les taxes des Etats vassaux et sur celles des caravanes qui transportaient le sel [6].

Les échanges commerciaux fréquents entre l’empire du Ghana Wagadu et les pays musulmans ont permis une large diffusion au IXe siècle de l’islam sur son territoire. Les bases fondamentales de l’activité des habitants de l’empire du Ghana Wagadu reposaient sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’orpaillage. L’artisanat avait connu un haut niveau de développement.

En 1076, les Almoravides s’emparèrent de Ghana et tentèrent de maintenir pendant quelques temps ses structures administratives pour contrôler le commerce de l’or. Mais ils finirent par se tourner vers le Nord et laissèrent tomber le Wagadu.

Les Soninko après la chute de Kumbi mais sans doute à cause des sécheresses récurrentes des XIIIe - XIVe siècles se dispersèrent dans toutes les régions Ouest -africaines. On les trouve aujourd’hui au Mali, au Ghana, au Sénégal en Sierra Leone, au Burkina- Faso, en Guinée etc... Ils se sont mélangés à d’autres groupes humains de l’Afrique occidentale.

Après la chute du Wagadu, les royaumes vassaux vont se détacher de l’empire (Jafunu Jaara, Sosso) Le roi du Sosso Soumangourou Kanté va prendre la relève. Il s’empara de Kumbi, lutta contre l’esclavage. Il envahit le Mandé au sud mais il sera défait par Sundiata Keïta en 1235 à Kirina.


b- L’empire du Mali

Après avoir défait Soumangourou Kanté, Sundiata va fonder un nouvel empire qui dépassait largement les frontières de l’empire du Ghana et s’étendait de l’Atlantique à l’ouest à l’Adrar des Iforas à l’est, de la forêt tropicale au sud aux salines du Sahara, au Nord.

Cet empire le Mali [7] ou Melli [8] ou Malal [9] selon les prononciations avait pour capitale Nyani. Sundiata s’empara de Koumbi Saleh en 1242, et conquit des territoires comme le royaume du Djoloff avec une puissante armée dirigée par des généraux comme Tiramakan Traoré.

C’est à partir de Nyani que le Mansa (chef suprême) du Mali, Sundiata dirigea l’empire. La richesse de l’empire reposait sur les ressources en or du Bambouk, du Bouré, de la Falémé, du Gadiaga. Le Mali a atteint son apogée au XIVe siècle sous l’empereur Kankou Moussa (1307 - 1332).

En 1324 il a effectué un pèlerinage à la Mecque, au lieu saint de l’islam avec une escorte de plus de 15 000 serviteurs, 500 esclaves et 40 chevaux qui transportaient le trésor en or et d’autres métaux précieux. L’empereur a distribué tellement d’or en Egypte que le cours du métal jaune a baissé.

De retour de la Mecque, Kankou Moussa a ramené avec lui des artistes, des constructeurs, des savants dont Abu-Isack-es Saheli originaire de Grenade qui a été l’architecte de la glorieuse mosquée de Djingarey-Ber construite en 1328 à Tombouctou. Plus tard, au XVe siècle, et où la mosquée de Sankoré est devenue le centre des savants musulmans.

Au XVe siècle a commencé le déclin de l’empire du Mali. A cause des guerres intestines de successions, des révoltes de palais et l’émancipation des provinces vassales, l’empire du Mali éclata.


c- L’Empire Songhoy

 

L’empire Songhoy succéda à l’empire du Mali dont il était un royaume vassal. Le songhaï dont le centre était la région de Dendi, située dans les zones frontalières actuelles du Mali et du Niger, va occuper jusqu’en 1591, les devants de la scène politique du Soudan occidental. Dans le domaine de échanges commerciaux, le fleuve Niger, agréable voie de navigation permettait le transport des produits vivriers du nord vers le sud et vice versa.

Venaient du sud les biens alimentaires comme les céréales, le beurre de karité, la noix de cola, mais aussi les tissus du nord, les produits de l’artisanat, le sel de Tegheza [10], les dattes, les marchandises du bassin de la Méditerranée.

Les grands féodaux du Songhoy, les Askia en tête, avaient de grands domaines sur lesquels travaillaient des serfs mais également des métayers. Cette classe très riche avait fait construire des demeures somptueuses et s’intéressait à la culture. Tombuctu, Jénné, Gao vont devenir grâce à la richesse locale mais aussi au commerce transsaharien de grands centres culturels. Les périodes de gloire de l’empire Songhoy sont décrites par les chroniques de Tombuctu, le Tarikh el Fettach écrit par Mohamed Kati et ses descendants, et le Tarikh es Soudan par Abderrahim Saadi au XVII, XVIII siècles.

En dehors des auteurs des Tarikhs, il y avait à Tombuctu d’éminents représentants de l’élite musulmane comme Ahmed Baba. Ahmed Baba el Tombucti a composé une biographie d’une centaine de savants de Sankoré, mais une bonne partie de son œuvre a aujourd’hui disparu.

A Tombuctu, il y avait de nombreuses mosquées. Le sultan marocain El Mansour qui convoitait les richesses du Songhoy envoya contre l’empire un corps expéditionnaire commandé par le renégat Djouder.


Cette troupe composée de mercenaires européens (Espagnols, Français, Anglais au nombre de 2000), de marocains (1500) armés d’arquebuses, de lances, attaqua les Songhoy [11]. Les Songhoy malgré leur supériorité en effectifs, 12 500 cavaliers, 30 000 fantassins furent défaits à Toudibi au nord de Gao en 1591. Il est vrai que c’était la première fois que les soldats Songhoy voyaient des armes à feu inconnues au Soudan Occidental, ils furent mis en déroute.

Les Marocains saccagèrent Tombuctu, Gao et Jénné, détruirent des bibliothèques dont certains manuscrits furent emportés [12]. De nombreux nobles savants s’enfuirent, certains comme Ahmed Baba prisonnier des Marocains fut exilé à Marrakech. La fureur des mercenaires avides de richesses s’abattit sur le Songhoy [13].

Mais jamais les Marocains en dehors des zones situées sur l’axe du fleuve Niger ne réussirent à contrôler totalement l’empire [14] Les Songhoy organisèrent la résistance dans le Dendi. Colonie marocaine, le Songhoy devint le pachalik marocain dirigé par un pacha dont le premier fut Djouder. Plus tard à partir de 1610, les soldats du corps expéditionnaire, eux même choisirent leur chef, ce qui ne se passait pas sans violence.

Les descendants des hommes de Djouder se marièrent sur place donnant naissance à l’aristocratie arma. L’empire Songhoy s’effrita, les provinces s’émancipèrent, l’économie déclina à cause des calamités naturelles et de l’insécurité. En 1760, les Kel Tamasheq envahirent Tumbuctu et chassèrent les Marocains.

Rien ne sera plus comme avant. La chute du Songhoy marqua la fin des grandes entités politiques au Soudan Occidental. Ni les tentatives de regroupement d’El Hadj Omar, ni celle de l’Almamy Samory ne réussirent à les reconstituer. L’ère des royaumes commençait.


d- Le temps des royaumes

Les royaumes du Khasso, bamanan de Ségou et du Kaarta, la Dina ou royaume peulh du Macina nés au XVII, XVIII, XIX siècles sur le territoire de l’empire Songhoy vont se succéder jusqu’à la conquête coloniale.

Le royaume du Khasso

Il a été constitué par des groupes peulh venus du Bakuna (région située entre Balé et Nara). A la recherche de pâturages, ces peulh ce sont installés dans le Haut fleuve Sénégal. Ils vont se mêler à des Malinkés, à d’autres peulh venus du Fouta Jalon, aux Soninko ou Maures et fonder le royaume du Khasso au XVII siècle.

Les chefs du Khasso vont se faire essentiellement la guerre non seulement pour se défendre mais pour s’emparer de nombreux esclaves. La richesse au Khasso se mesurait en nombre d’esclaves que les rois et leurs alliés pouvaient posséder [15].

Ils entretenaient alors une nombreuse clientèle à laquelle ils offraient des esclaves. Le royaume du Khasso rentra très tôt en contact avec les Européens et fut l’un des grands pourvoyeurs d’esclaves destinés à la traite qui avait commencé dès le XVIe siècle.

L’autre grand royaume esclavagiste du Soudan occidental situé plus à l’Est dans la vallée du Niger fut le royaume bamanan de Ségou


Le royaume bamanan de Ségou

Vers 1660, les bamanan rudes agriculteurs vont fonder autour de Ségou dans la vallée du Niger un royaume connu sous le nom de royaume bamanan de Ségu. Au sortir du seuil du Wagadu, cette zone prospère, peuplée aussi de Soninko, de Somono et de peulh fut jusqu’au début du XIXe un espace de grandes décisions politiques.

C’est surtout Biton Coulibaly (1712-1755), le chef du Ton [16] qui donna au royaume les bases de sa puissance. Grâce à son armée de Tondions, à sa flottille dirigée par les somono, il agrandit son territoire sur les deux rives du Niger de Bamako à Tumbuctu.

A la fin du XVIIIe, le royaume bamanan de Ségu réussit à s’imposer au Masina et au Kaarta. Après la dynastie des Bitonsi [17] et une période d’anarchie dominée par les tondions ; N’Golo Diarra, esclave affranchi s’empara du pouvoir. Avec lui commençait la dynastie des N’golosi [18] dont l’un des rois les plus vaillants fut Monzon (1792-1808).

Le royaume de Ségu se nourrissait de la guerre, c’est cette activité qui lui fournissait les esclaves qui étaient employés aux travaux agricoles ou vendus aux trafiquants du Sud (Gold Coast) ou de l’Ouest (Gorée). Les revenus tirés de la traite et des impôts que Ségu faisait payer à ses vassaux, permettaient d’acheter des armes et d’alimenter la guerre.

Adeptes de la religion traditionnelle, gros consommateurs d’hydromel et de dolo, cruels pour les groupes vaincus, les chefs bamanan finirent par mécontenter le peuple. Le royaume s’écroula en 1861 sous les coups du conquérant toucouleur El Hadj Omar, qui avait été mis au fer vers 1838 par Tiéfolo, un descendant de Da Monzon.


La Dina ou royaume peulh du Masina

 Le royaume peulh du Masina situé à l’est de Ségu n’a pas joué un rôle politique important avant le XIXe siècle. Adeptes de la religion traditionnelle venus du Bakunu , du Galam, au XI- XV e siècles, les Peulh éleveurs étaient dirigés par les Ardo. [19] Tour à tour vassaux du Mali durant au moins un siècle, du Songhoy, des pachas marocains de Tombuctu , des rois bamanan de Ségu , les Peulh s’émancipèrent. Après la dynastie des Diallo, Sékou Amadou Bari prit le pouvoir, c’est lui qui écrasa les Bamanan. Musulmans pieux, il invita ses compatriotes à embrasser l’islam, il lança la guerre sainte, il envahit Jenné, traversa le Bani et fonda prés de Mopti sa nouvelle capitale Hamdalaye [20].

De cette capitale, il créa un Etat théocratique guerrier, la Dina. Il organisa le pays en provinces, à la tête de chacune, il plaça un gouverneur. Il créa un conseil de quarante chefs religieux et militaires placés sous son autorité. Il instaura les impôts et établit le service militaire. A Hamdalaye était stationnée une armée de prés de 10 000 hommes et dans les provinces, des garnisons militaires assuraient la sécurité. Dans la capitale Hamdalaye , en vue de l’expansion de l’islam, six cent écoles royales furent ouvertes et plusieurs mosquées dont la particularité était une architecture stricte, ascétique sans minarets ni ornements furent construites.

En 1825 ou 1827 [21] selon certaines sources, les guerriers de la Dina envahirent Tumbuctu qui devint une dépendance du royaume peulh. Amadou Sékou, fils de Sékou Amadou succéda à son père, il abdiqua en faveur de son fils Amadou Amadou.

Amadou Amadou lutta contre le conquérant toucouleur, il fut pris et mis à mort à Hamdalaye par les Fountaké en 1862. Les Macinanké vont organiser la résistance avec Balobo frère de Amadou Amadou mais on peut considérer qu’avec ce dernier, le royaume peulh du Masina avait disparu. Au Soudan occidental, trafiquants d’esclaves, chefs de bandes armées, faisaient désormais régner la terreur.

De nombreuses zones dont la partie occidentale du pays furent abandonnées face à la poussée des chercheurs et des marchands d’esclaves qui envoyaient leurs cargaisons humaines vers les côtes. Les tentatives de regroupement comme celles d’El Hadj Omar (entre 1791 et 1794-1864) de Samory (1830 1900), loin d’arrêter la traite, vont la continuer et même l’intensifier pour se procurer des armes et des produits manufacturés.


D- Le temps des explorateurs

Depuis les voyages des explorateurs, dont l’irlandais le major Hayton en 1790 (le premier qui visita le Soudan), l’écossais, le chirurgien Mungo Park en 1796 qui arriva à Ségu et passa prés de Tumbuctu puisqu’il a atteint Kabara [22] ; les missions d’exploration européennes vont se poursuivre.

C’est ainsi que le lieutenant écossais Alexandre Gordon Leng en 1825 partit de Tripoli s’est dirigé en caravane à travers le Sahara, protégé du Cheick de la tribu maure des Kunta, il réussit à atteindre Tumbuctu après treize mois de voyage en août 1826. Il a été le premier européen à visiter cette ville.

Puisqu’il avait un puissant protecteur, Leng fut autorisé à ne séjourner qu’un mois à Tombouctou. Le Cheik peul Amadou de Hamdallaye ne souhaitant pas l’extension du christianisme dans le ville sainte avait envoyé un message aux notables de Tumbuctu pour écourter le séjour de Leng. Gordon Leng après un mois partit donc de Tumbuctu se dirigea vers le Maroc avec des caravanes, mais il sera tué à 50 Km de la ville par des soldats arabo-berabiches. Le deuxième européen et le premier Français qui visita Tumbuctu fut René Caillé. A la différence des explorateurs anglais soutenus, financés par des institutions, René Caillé se lança sans grand moyen dans l’aventure.

Intelligent, il alla au Nord Est de St Louis, chez les maures Brakna en 1824, il y passa neuf mois, appris l’arabe et se convertit à l’islam. Du littoral guinéen où il partit en 1827, il atteignit Kurusa, Jenné, d’ où en pirogue, il arriva à Tumbuctu le 20 avril 1828, après une année de voyage. Il fut déçu par l’aspect de la ville qui avait perdu sa splendeur d’antan, il n’y avait en effet observé ni verdure, ni maisons splendides, toutes choses qui faisaient jadis la renommée de la cité légendaire. Tumbuctu connaissait en effet le déclin, les nombreuses caravanes qui y arrivaient venant du bassin de la Méditerranée, se faisaient rares. Les routes transsahariennes étaient désormais de moins en moins fréquentées, l’axe du commerce s’était déplacé vers l’Ouest, vers l’Océan Atlantique. René Caillé rentra en France en passant par Araouane et le Maroc.

Ses récits de voyage ont donné aux Européens beaucoup d’informations sur les régions intérieures du Soudan, jadis terra incognita, sur la navigation sur le fleuve Niger de Jenné à Tumbuctu et sur cette ville. Plus tard en 1853, un savant et humaniste allemand Heinrich Barth partit de Tripoli, en passant par le Tchad avec des chameliers réussit à atteindre Tombuctu. C’est lui qui découvrit à Agadés un manuscrit jusque là inconnu : le Tarikh es Soudan de Abderhmann es Saadi.

Bath confirma l’exactitude des informations de René Caillé, il visita Gao l’ancienne capitale des Askia qu’il trouva vide et à moitié détruite. Conséquence sans aucun doute des épidémies, des famines et des guerres qui avaient sévi dans la région depuis l’installation du pachalik marocain de Tombuctu. [23] Les informations recueillies par les différents explorateurs serviront à la conquête coloniale du Soudan.

Le 29 septembre 1898, le chef soudanais Samory Touré est capturé par le capitaine Gouraud, en un lieu dit Nzo. C'est la fin d'une prodigieuse épopée qui a permis au vieux guerrier (63 ans) de conquérir un vaste territoire dans la boucle du Niger.

Joseph Savès.
Naissance d'un mythe africain

Samory (on écrit aussi Samori) est né dans une famille de commerçants, près de Kankan, dans l'actuelle Guinée, en pays malinké. Lui-même est issu du peuple dyoulo, des musulmans en minorité dans sa région. Sa famille, après avoir été islamisée, est retournée à la religion fétichiste de ses ancêtres.

Sa mère est un jour enlevée par un groupe rival, les Cissé. Samory, alors âgé de 16 ou 17 ans, entre au service de ce groupe pour racheter sa liberté. C'est ainsi qu'il découvre le métier des armes.

Manifestant des dispositions exceptionnelles pour ce métier, Samory s'enfuit de chez les Cissé et conclut un serment d'amitié avec une demi-douzaine d'amis de son lignage. Il se retrouve bientôt à la tête d'une petite armée de métier, avec des fantassins tous équipés d'armes à feu et remarquablement disciplinés. Pour mieux imposer son autorité, il se convertit à l'islam et se proclame «almany». Ce titre obscur lui confère une autorité à la fois spirituelle et militaire sur ses sujets.

Samory Touré soumet un territoire qu'il agrandit d'année en année. Vers 1880, il gouverne en maître absolu tout le Haut Niger, dans la partie orientale de l'actuelle Guinée. C'est un vaste et riche territoire de collines verdoyantes appelé Ouassoulou et peuplé d'environ 300.000 âmes. Il n'a d'autre rival que le royaume toucouleur du Ségou, plus au nord.

Les Anglais qui occupent la Sierra Leone voisine ne sont pas mécontents que l'almany fasse régner l'ordre dans l'arrière-pays. Samory noue un dialogue avec eux ainsi qu'avec les Français, présents en Côte d'Ivoire. Il aspire à conclure un traité de protectorat avec les uns ou les autres pour pérenniser son trône.

Mais les Français se montrent peu disposés à de tels arrangements et grignotent le territoire de Samory. Le colonel Borgnis-Desbordes inflige une première défaite au chef noir en 1882.

Chaque nouvel affrontement tourne à l'avantage des Français qui bénéficient d'un armement d'une supériorité écrasante. C'est ainsi qu'en une seule campagne, en juin 1885, Samory Touré perd 900 hommes tandis que les Français n'ont à déplorer que deux morts.

En définitive, le 28 mars 1886, les deux adversaires concluent un traité de paix et de commerce par lequel les Français reconnaissent l'autorité de Samory Touré sur un vaste royaume aux confins de leurs propres territoires. En contrepartie, Samory Touré accepte, mais de façon purement formelle, le protectorat de la France sur son royaume. En signe d'allégeance, il envoie son fils préféré Dyaulé Karamogho à Paris. Celui-ci est reçu par le président Jules Grévy.

L'année suivante, en 1887, Samory Touré conclut un nouveau traité, à Bissandougou, avec le capitaine Gallieni (un futur maréchal de France). Par ce traité, il laisse aux Français toute liberté d'action sur une partie du Haut Niger.

Là-dessus, Samory doit affronter ses sujets animistes qui refusent qu'on leur impose l'islam. C'est la «guerre du refus». Le conflit pénètre la famille du souverain et celui-ci en vient à faire exécuter son fils Dyaulé Karamogho, qu'il soupçonne de le trahir au profit des Français.

La traque

Comme de bien entendu, les relations avec les Français se dégradent et la guerre reprend en 1891. Traqué, Samory Touré pratique la politique de la terre brûlée. Il ne laisse derrière lui que désolation pour décourager les Français de le poursuivre. Le colonel Archinard ayant conquis sa capitale, Kankan, il gagne avec son peuple le nord de la Côte d'Ivoire et établit sa nouvelle résidence à Dabakala.

Les choses semblent se tasser lorsqu'un fils de Samory attaque et massacre en février 1892 une colonne française commandée par le capitaine Ménard. Elle avait quitté Grand-Bassam pour la cité commerciale de Kong. L'année suivante, les Français lancent trois colonnes aux trousses de Samory.

En 1894, l'une d'elles, dirigée par le commandant Monteil, doit battre en retraite. Trois ans plus tard, en 1897, les troupes de Samory Touré s'emparent de la cité de Kong et la réduisent en cendres.

Capture sans gloire

Le sursis est de courte durée.

Quelques mois après, le capitaine Gouraud, accompagné d'une dizaine de soldats seulement, remonte vers le pays yacouba, à 450 km au nord-ouest d'Abidjan. C'est une région montagneuse assez semblable au piémont pyrénéen avec de petites plaines fertiles enclavées entre des collines. Il se fait guider par d'anciens esclaves de cette région, libérés par les Français.

Le vieux chef est surpris au petit matin, par temps de brouillard. Il doit faire sa reddition et, avec lui, plusieurs milliers d'hommes. Ce succès console (un peu) les Français de leur humiliation face aux Britanniques à Fachoda.

Déporté au Gabon, Samory Touré tente de se suicider et meurt deux ans plus tard, le 2 juin 1900. Ses cendres ont été rapatriées en 1968 par la Guinée de Sékou Touré.

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Commentaires (6)

1. leyla (site web) 23/09/2017

je me prénomme leyla j'habite en France précisément à Toulouse.

je suis marié avec David en 2005 on na eu 2 enfants ensemble on étais très heureux , a cause de sa collègue de travail il s'est séparé de moi depuis le 06 février 2017 .Il ne viens plus a la maison, J'avais pris par tout les moyens pour essayer de le récupéré mais hélas !les faux marabout on pris tous mon argent.Mais DIEU m'as pas oublié , l'une de mes amies avait eut ce genre de problème et dont elle a eut satisfaction, grâce a l'aide d'un puissant pratiquant de la margis nommé maitre SODJI

elle m'a donné le numéros du Maitre SODJI suivi de son mail et m'a dit de lui contacter pour lui expliquer mon cas. je me suis dit que c'est encore du gaspillages mais j'ai pas le choix car je suis folle amoureuse de mon mari. Quand j'ai contacté le puissant pratiquant je lui ai expliqué tout la situation de mon mari et moi. Vous savez quoi? Le Maitre SODJI m'a dit qu'il va me faire 3 rituels pour que mon mari revienne. Et bizarrement dans 7 jours à suivre mon mari est revenu en me suppliant , c'est un miracle pour moi je suis en paix dans mon foyer.C'est le premier miracle que j'ai vu dans ma vie. (pour tous vos petit problème de rupture amoureuses ou de divorce ,maladie ,la chance , les problèmes liés a votre personnes d'une manière, les maux de ventre, problème d'enfants, problème de blocage, attirance clientèle, problème du travail ou d'une autres). Ce pratiquant de la margis est très fort
EMAIL: sokposalivaudou@outlook.fr
tel:+22998201725
http://sokposalivaudou.wixsite.com/retour-affectif

2. website optimization (site web) 29/01/2013

J'ai besoin de lancer un site Web gratuit et besoin d'informations sur où aller pour le faire démarrer. Toute information sur le démarrage d'un site Web est la bienvenue!.

3. escorts Lyon (site web) 02/01/2013

Quels sont les meilleurs sites et blogs dédiés à la lecture et de la littérature?

4. le groupe 19/12/2012

M. BOUARE, merci pour votre contribution si precieuse

5. le groupe (site web) 08/06/2011

Merci pour votre contribution si précieuse. Elle nous enchante.

6. Bouaré cheick soungalo 24/05/2011

samory touré est mort à Guélémou près de man (un village de la côte d'IVOIRE)

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